Depuis quelque temps, la Nature occupe une place plus consciente dans ma façon d’observer, de réfléchir et d’accompagner les entrepreneur·es. Ma formation en écothérapie m’a aidée à mettre des mots sur cette sensibilité déjà présente : voir l’entreprise comme un écosystème vivant, fait de relations, d’interdépendances, de rythmes et de conditions à préserver.

Cette perspective ne remplace ni les données ni l’analyse stratégique. Elle élargit plutôt le regard. Elle m’invite à porter attention aux humains derrière l’entreprise, à ce qui nourrit réellement un projet, à ce qui l’épuise et aux liens qui lui permettent de grandir. Une autre façon, peut-être, de penser la croissance et de faire émerger des projets plus vivants.

S'inspirer du vivant pour mieux entreprendre et mieux habiter le monde

Depuis quelque temps, je me surprends à écouter le vent.

Pas seulement à l’entendre. À le regarder.

Le vent qui arrive doucement, fait tourner les feuilles, scintiller le soleil sur mon visage ou danser l’ombre sur un mur.

Je le trouve profondément beau. Et cela m’émeut.

J'ai récemment découvert qu'un mot existe, en japonais, pour décrire cette expérience. Komorebi désigne "la lumière du soleil qui filtre à travers les feuilles des arbres". Je l'ai appris lors d'un bain de forêt, un cadeau. 

J’ai compris que si je peux aussi bien observer son passage, c’est aussi parce que j’ai la chance de vivre entourée de grands arbres matures. 

Ce sont les arbres qui rendent le vent visible.


Sans leurs branches et leurs feuilles, je sentirais sa présence sur ma peau, mais je ne pourrais pas aussi bien contempler son mouvement.

Ce qui me touche n’est pas seulement la beauté extérieure de ce que je regarde. C’est quelque chose de plus profond. Une merveille qui ne se décrit peut-être pas complètement.

Une beauté que l’on ressent parfois plus qu’on ne la voit.

Contempler la beauté du vivant

J’ai pratiqué la méditation Vipassana et participé à quelques retraites. Cette expérience m’a appris à observer ce qui est présent, sans chercher constamment à le modifier ou à le juger.

Mais la contemplation, elle, m’habite naturellement depuis longtemps.

Je peux passer de longs moments à observer la lumière entre les branches, le mouvement des feuilles, une forme, une texture ou les changements presque imperceptibles d’un paysage.

Remarquez que je peux contempler mes enfants de la même façon.

Je ne contemple pas une image parfaite ni une beauté superficielle. Je m’émerveille plutôt devant leur présence, leur singularité, leur façon d’être pleinement vivants.

Cette beauté-là ne repose pas sur l’apparence.

Elle se révèle dans un geste, une expression, un mouvement, un éclat de rire ou un instant qui ne reviendra jamais exactement de la même manière.

C’est une beauté qui nous arrête.


Qui nous touche avant même que nous ayons trouvé les mots pour l’expliquer. Je crois que

c’est cette même qualité d’attention que la Nature réveille en moi. Elle me ramène à ce qui est vivant, fragile, changeant et profondément digne d’être regardé.

Mettre des mots sur ce que je ressentais déjà

Il y a un peu plus d’un an, j’ai eu envie de mieux comprendre cette relation.

Non pas parce que je découvrais soudainement que la Nature nous fait du bien. Au fond, nous sommes nous-mêmes des êtres vivants. Il me semble naturel que le contact avec les arbres, la lumière, l’eau, le vent et les saisons contribue à notre équilibre.

Mais je voulais aller plus loin que mon intuition.

J’ai d’abord participé à un bain de forêt guidé par Bernadette. J’ai poursuivi mes lectures, je me suis intéressée aux microforêts inspirées de la méthode Miyawaki et je me suis jointe à un groupe qui explore les arbres centenaires de Montréal.

Je ne voulais pas apprendre uniquement dans les livres ou sur Internet. Je voulais vivre l’expérience avec d’autres humains.

Je me suis donc formée en écothérapie auprès de Roxanne, chez Humain et Terre.

J’étais un peu la bibitte différente de ma cohorte : les autres participantes étaient psychologues. Moi, j’arrivais avec mon regard d’entrepreneure, de coach et de stratège marketing.


Cette différence m’a d’abord amusée. Elle m’a ensuite permis de comprendre quelque chose d’important : j’avais ma place au sein de ce groupe d’intéressée.  La relation au vivant peut aussi nourrir notre manière de créer, de collaborer, de travailler et de prendre des décisions.

La Nature n’est pas un décor ou un lieu où on se rend

L’une des leçons importantes que je retiens de ma formation est que la Nature n’est pas simplement un endroit où « nous nous rendons » pour chercher du calme ou du bien-être.

Elle n’est pas un décor installé à notre intention. Elle est une relation.

Et toute relation véritable demande de l’attention, de la présence, du respect et une certaine forme de réciprocité.

La question ne devrait donc pas être : « Qu’est-ce que la Nature peut faire pour moi? »

Nous pouvons aussi nous demander : « Quelle relation est-ce que j’entretiens avec elle? Qu’est-ce que je remarque? Qu’est-ce que je reçois? Et qu’est-ce que je choisis de protéger en retour? »

Je ne fais pas chaque jour de longues promenades en forêt. Mon lien avec la Nature ne se mesure pas au nombre de kilomètres parcourus sur un sentier.

Il se trouve surtout dans mon regard.

Dans ma capacité à remarquer une lumière, une ombre, le vent dans les feuilles ou une forme inattendue.

Dans cette invitation à voir la beauté, à me laisser toucher par elle et, parce qu’elle me touche, à vouloir en prendre soin.


Et oui, il m’arrive aussi d’aller marcher pour clarifier mon esprit, laisser retomber le bruit et m’ouvrir à de nouvelles idées. Je le propose d’ailleurs aussi dans mes accompagnements car j'ai appris et en ai moi-même fait l'expérience, de tous les bienfaits qui lui sont rattaché. 

Marcher pour laisser émerger les idées

Lorsque je marche, je ne cherche pas toujours activement une réponse.

Je laisse plutôt de l’espace.

Une préoccupation reprend parfois sa juste place. Une idée apparaît. Deux éléments qui semblaient éloignés se rejoignent. Une décision devient plus simple.

La recherche vient d’ailleurs appuyer cette intuition. Dans une étude menée à l’Université Stanford, la production d’idées créatives des participants a augmenté en moyenne de 60 % lorsqu’ils marchaient plutôt que lorsqu’ils demeuraient assis. Les chercheurs ont aussi constaté que l’effet provenait largement du mouvement lui-même, même si l’environnement naturel peut évidemment enrichir l’expérience.

Plusieurs personnes reconnues pour leur créativité ou leur leadership ont également fait de la marche une partie de leur processus de réflexion.

Pour ma part, j’ai trouvé dans ma formation, deux idées toutes simples qui m’accompagnent désormais. Le sit spot et le coffret nature.

La Nature est une compagne que j’apprécie et ces 2 façons d’être en relation avec elle me touchent particulièrement et me servent dans ma pratique. J’en parlerai dans un prochain article.

Ce que le vivant m’apprend sur l’entrepreneuriat

La Nature me rappelle que rien ne grandit véritablement seul.

Un arbre dépend du sol, de l’eau, de la lumière, des champignons, des insectes, des autres arbres et de tout un milieu.

Une entreprise aussi dépend de ce qui l’entoure.


De ses clients, bien sûr, mais aussi de ses équipes, de ses partenaires, de ses fournisseurs, de son territoire, des ressources qu’elle utilise et des relations de confiance qu’elle réussit à construire.

Depuis toujours, je suis attirée par les projets dans lesquels la valeur peut circuler.

Des projets qui font avancer l’entreprise tout en permettant aux personnes impliquées de contribuer pleinement, d’être reconnues et de trouver leur juste place.

Des projets qui ne gagnent pas en épuisant systématiquement une autre partie de leur écosystème.

D’aussi loin que je me souvienne, j’ai cherché à rassembler.

À créer des ponts. À relier des personnes, des idées et des expertises. À faire émerger des espaces où plusieurs réalités peuvent coexister et s’enrichir mutuellement.

Je comprends aujourd’hui que cette façon d’agir est aussi une manière de penser comme un écosystème vivant.

Dans la Nature, la diversité n’est pas une complication qu’il faudrait éliminer pour devenir plus efficace. Elle contribue à la richesse et à la capacité d’adaptation du milieu.


Chaque être ne joue pas le même rôle. Et c’est précisément ce qui permet à l’ensemble de vivre.

La collaboration m’inspire pour la même raison. Elle permet parfois de créer quelque chose qu’aucune personne n’aurait imaginé ou accompli seule.

Comment cela influence mon accompagnement

Cette sensibilité au vivant ne signifie pas que toutes mes rencontres se déroulent en forêt ni que je parle constamment de Nature avec les entrepreneur·es que j’accompagne.

Son influence est souvent plus subtile.

Elle se trouve dans les questions que je pose.

Dans l’attention portée aux humains derrière l’entreprise.

Dans ma façon d’observer les liens entre les différentes parties d’un projet plutôt que de les analyser uniquement en silos.

Dans l’importance que j’accorde au rythme, à l’équilibre, à la cohérence et aux conditions nécessaires pour qu’une idée puisse réellement se développer.

Une entreprise, comme un organisme vivant, peut sembler fonctionner tout en étant en train d’épuiser ce qui la soutient.

Une stratégie peut produire des résultats tout en fragilisant l’équipe qui doit la mettre en œuvre.

Une nouvelle offre peut répondre à un objectif de croissance sans répondre à un besoin véritable.

Un partenariat peut sembler intéressant sur papier sans créer une relation saine et équilibrée.

S’inspirer du vivant m’amène alors à poser certaines questions :

  • Qu’est-ce qui nourrit réellement ce projet ?
  • Qu’est-ce qui l’épuise ? 
  • Quelles relations lui permettent de grandir ?
  • Quels éléments sont interdépendants ?
  • Que devons-nous préserver pour que cette entreprise demeure vivante, pertinente et profondément humaine ?

La Nature ne remplace pas les données, la connaissance du marché ou l’analyse stratégique. Elle élargit le regard.


Elle nous rappelle que la croissance n’est pas toujours linéaire. Que certaines périodes servent à fleurir et d’autres à s’enraciner. Que la diversité peut rendre un système plus résilient. Et qu’aucune entreprise n’existe réellement en vase clos.

Montrer ce qui m’inspire vraiment

Cette sensibilité influence également la manière dont j’ai conçu mon site Web.

La grande majorité des images que l’on y trouve sont des photographies de Nature que j’ai prises moi-même, de manière amateure.

Elles ne sont pas retouchées.

Ce sont des éléments qui ont attiré mon regard : des textures, des formes, des couleurs, des jeux de lumière et des fragments de paysages qui m’ont inspirée.

Avant, je n’aurais probablement pas osé les utiliser. J’aurais choisi des images plus attendues.

Des bureaux impeccables. Des personnes réunies autour d’une table. Des poignées de main. Des gens d’affaires souriants devant un ordinateur.

C’est du business, après tout.

Mais je suis lasse des codes et des protocoles qui finissent par rendre les entreprises uniformes et sans saveur.

Je n’avais plus envie de construire un univers professionnel qui ressemblait à ce que l’on croit devoir montrer, plutôt qu’à ce qui m’habite réellement.

J’ai donc choisi d’assumer mon regard. Mon site est imparfait, et cela me va ainsi.


Faire un site à mon goût plutôt qu’en fonction de ce que j’imagine être les attentes de mon client cible pourrait sembler être l’antithèse du marketing traditionnel.

Bien sûr, en marketing, nous devons comprendre les personnes que nous souhaitons servir. Nous devons nous intéresser à leurs besoins, à leurs préoccupations, à leurs aspirations et à leur réalité.

Mais cette attention portée à l’autre ne signifie pas que l’entreprise ou la personne derrière elle doit s’effacer complètement.

Je préfère que mon site permette aux bonnes personnes de se reconnaître plutôt qu’il tente de rassurer tout le monde.

Je n’ai qu’une vie professionnelle. Autant qu’elle me ressemble. :)

Faire grandir des projets vivants

Aujourd’hui, j’avais envie d’être cette entrepreneure et cette stratège qui vous parle ouvertement de la Nature qui l’habite.

Pas uniquement de marketing, de positionnement, de commercialisation ou de croissance.

De sensibilité.

De contemplation.

De beauté.

De vivant.

De résonnance.

De cette part de moi qui influence ma façon d’écouter, de relier les idées et d’accompagner les personnes derrière les entreprises.

J’aime rencontrer des entrepreneur·es, des professionnel·les et des organisations qui croient eux aussi à la puissance des liens, à la diversité des regards et à la possibilité de créer de la valeur sans appauvrir ce qui nous entoure.

Si cette vision résonne avec la vôtre et que vous entrevoyez un projet ou une collaboration que nous pourrions faire grandir ensemble, je vous invite à réserver une rencontre.

Une conversation peut parfois rendre visible ce qui cherche à émerger.


Et vous?

Le fait qu’une stratège vous parle ainsi de contemplation, de beauté et de vivant vous éloigne-t-il de son approche? Ou vous permet-il, au contraire, de mieux comprendre le regard qu’elle posera sur votre entreprise?

Peut-être que mieux entreprendre commence par se rappeler que la qualité de ce que nous créons dépend aussi de la qualité des relations que nous choisissons de nourrir. 

Le sujet vous intéresse ? Vous avez des commentaires ou vous souhaitez en discuter avec moi ?

Faites moi parvenir un petit mot ici :

Merci, au plaisir d'avoir de vos nouvelles !